L’évacuation des camps dans les zones d’El-Amra et Jbeniana dans le gouvernorat de Sfax a débuté jeudi, selon Houssem Eddine Jebabli, porte-parole de la Garde nationale relevant du ministère de l’Intérieur
Les autorités tunisiennes ont annoncé, vendredi, le démarrage de l’évacuation des camps abritant des milliers de migrants irréguliers dans le gouvernorat de Sfax (sud).
C’est ce qu’a indiqué Houssem Eddine Jebabli, porte-parole de la Garde nationale relevant du ministère de l’Intérieur.
Jebabli a déclaré à la presse que « l’évacuation des camps dans les zones d’El-Amra et de Jbeniana à Sfax a débuté jeudi avec le démantèlement du plus grand camp, qui abrite environ 4 000 personnes ».
Il a ajouté que ces camps abritent des migrants irréguliers originaires de pays d’Afrique subsaharienne.
Et de souligner que l’évacuation « se déroule pacifiquement et sans intervention des forces de sécurité », avec la participation d’équipes du Croissant-Rouge, du ministère de la Santé et de la Protection civile, qui ont prodigué les premiers soins à certains des migrants.
Le porte-parole de la Garde nationale a expliqué que le processus d’évacuation de ces camps se poursuivra progressivement jusqu’à ce qu’ils soient tous démantelés « le plus rapidement possible ».
Jebabli a indiqué qu’une coordination est en cours avec les autorités locales pour fournir des abris temporaires aux femmes enceintes et aux enfants.
Selon les déclarations de Khaled Ben Jrad, président de la commission de la migration irrégulière, en janvier 2025, les estimations indiquent qu’il y a environ 20 000 migrants irréguliers dans les zones d’El-Amra et de Jbeniana à Sfax. Il n’existe pas de statistiques officielles précises sur leur nombre dans le reste du pays.
Les autorités tunisiennes n’ont pas annoncé les lieux où ces migrants seront relocalisés après l’évacuation de leurs camps dans les zones d’ElAmra et de Jbeniana, dans le cadre des mesures de sécurité visant à alléger la pression qui y règne.
Toutefois, les médias locaux suggèrent que d’autres centres d’hébergement leur seront attribués, répartis dans tout le pays, jusqu’à ce qu’ils soient volontairement rapatriés dans leur pays.
Le 26 mars, le président tunisien Kais Saied a appelé les organisations internationales à soutenir les efforts de son pays pour rapatrier volontairement les migrants irréguliers et à intensifier la coopération pour démanteler les réseaux de trafic d’êtres humains.
Le 23 janvier, le ministère tunisien des affaires étrangères a annoncé le rapatriement volontaire de 7 250 migrants irréguliers dans leur pays en 2024, en coopération avec des organisations internationales, notamment l’Organisation internationale pour les migrations.
La Commission européenne a également annoncé, en septembre 2023, l’octroi d’une aide de 127 millions d’euros à la Tunisie, dans le cadre d’un protocole d’accord portant sur des questions telles que la gestion des flux migratoires vers l’Europe.