La Chine veut lancer dans l’espace d’ici 2020 une « Lune artificielle », qui réfléchirait sur Terre la lumière du soleil durant la nuit et permettrait de réaliser des économies d’éclairage, a annoncé vendredi 26 octobre un média d’Etat.
Afin de réduire ses factures d’énergie, la ville de Chengdu va envoyer un satellite lumineux dans l’espace qui va compléter la luminosité de la lune durant la nuit.
8 fois plus lumineuse. Pour la Chine, une seule Lune, ce n’est pas suffisant. Alors la municipalité de Chengdu, dans le centre du pays, va en envoyer une deuxième dans l’espace, jusqu’à huit fois plus lumineuses que la vraie. Ce satellite recouvert de panneaux solaires, en orbite à environ 500 km de la Terre, devrait pouvoir remplacer les lampadaires en éclairant une zone d’un diamètre allant de 10 à 80 km, détaille The Guardian. L’intensité ainsi que la puissance du diamètre pourront être réglées à distance par les ingénieurs.
Réduire les factures. Wu Chunfeng, le président de l’Institut de recherche en systèmes microélectroniques et en sciences aérospatiales de Chengdu, explique que ce système permettrait de réduire les factures d’électricité, surtout durant l’hiver. Selon lui, la ville pourrait réaliser 200 millions d’euros d’économie d’électricité par an. Mais le projet serait aussi écologique, puisque la production d’électricité est à l’origine d’une grande partie des émissions d’oxydes d’azote et de dioxyde de soufre, qui contribuent au smog, aux pluies acides et à la formation de particules fines.
Décrocher la Lune. Cette deuxième lune artificielle ne fait cependant pas l’unanimité. Sur les réseaux sociaux chinois comme Weibo, les citadins sont perplexes. Ils s’inquiètent notamment de l’impact de cette lune sur le sommeil ou sur les habitudes nocturnes des animaux. Les effets négatifs de la pollution lumineuse sont de plus en plus connus : plus de 80% de la planète, et 99% de la population aux États-Unis et en Europe vivent dans des régions polluées par la lumière, où l’éclat naturel du ciel a été altéré par les lumières artificielles. Avec ce projet, on se demande juste si les Chinois ne sont pas un peu trop… dans la Lune.
Pékin mène depuis de nombreuses années un ambitieux programme spatial pour rattraper son retard sur les Etats-Unis et la Russie. Le pays prévoit notamment d’envoyer un petit robot nommé Chang’e-4 sur la face cachée de la Lune d’ici fin 2018
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Avec agences