
Ezzeddine Zayani
Laissez moi descendre SVP on m’a embarqué de force sur une destination qui n’est pas la mienne. Cela fait 6 ans que je suis en train de chercher mon chemin. Je me suis déclaré égaré, perdu. Je ne reconnais aucun de ceux qui sont assis sur les sièges dans cette embarcation, devenue de fortune et qui risque de chavirer d’un moment à l’autre. Après ces longues et pénibles 6 années j’ai fini par abandonner mes recherches concernant les jeunes et moins jeunes qui criaient avec leurs tripes ce fameux 14/1/2011 pour une Tunisie nouvelle. Des jeunes filles non voilées, de jeunes hommes qui me protégeaient pour ne pas me faire piétiner par une foule énorme, des tunisiens, des vrais. Nous étions d’accord sur l’essentiel. Nous avions construit dans notre imaginaire une Tunisie juste, prospère, moderne, sans corruption, respectée et qui sait faire entendre sa voix sur la scène internationale. Basta, je veux descendre on nous a tout volé même notre dignité. On a parfois honte de dire d’où l’on vient. Ceux qui sont venus d’ailleurs ont travesti notre réalité, ont démoli sciemment nos institutions, notre administration, notre économie. Ils ont réussi à diviser notre société, à rendre les tunisiens étrangers chez eux, des nécessiteux qui attendent les caravanes des mécènes et des institutions financières internationales. Je veux descendre. On m’a asphyxié. Je veux retrouver les miens ceux qui partagent avec moi l’idéal d’une Tunisie égalitaire, moderne arrimée au monde d’aujourd’hui. J’ai aperçu nombreux dimanche 8/1/2017 lors de la marche contre les terroristes et contre les grossistes, les détaillants et les mercenaires de l’agitation. La Tunisie vivra malgré ce 14 machin !!
*****************
Je suis optimiste et toujours de bonne humeur mais pour demain, désolé, je ne ferai pas la fête, je boirai un café noir sans sucre et je mangerai du pain rassi et sec. Ma naïveté fut grande et impardonnable. J’avais crié et manifesté ma joie du fond de moi même, de mes entrailles un lugubre 14/1/2011 et j’avais récidivé en octobre 2014 en votant BCE et son Nida. Le bilan est très révélateur avec une économie au plus bas, un dinar en paille sans valeur, un pouvoir d’achat inexistant et surtout une insécurité, une peur permanente, des bandits qui m’imposent leur diktat, un monde de moins en moins accueillant, des médias de la honte et du mensonge où tout le monde gueule pour camoufler et dissimuler son incapacité et son incompétence. Fêter quoi ? La dette qui a plus que triplée ? le terrorisme qui a élu domicile dans un pays jusque là paisible ? la fuite des investisseurs ou les tunisiens qui souffrent seuls dans leur misère ? Désolé je ne fêterai pas la honte, l’échec et la filouterie islamo-fasciste. Je suis un homme libre, même affamé, je ne mangerai pas à tous les râteliers. !!
Ezzeddine Zayani