Le Hamas a restitué dans la nuit du mercredi 26 au jeudi 27 février quatre corps d’otages israéliens morts à Gaza, une restitution suivie par le transfert de prisonniers palestiniens vers la Cisjordanie occupée, Israël a indiqué avoir libéré un nouveau groupe de plus de 643 détenus dans le cadre de l’accord de trêve à Gaza qui expire le samedi 1ᵉʳ mars. À la suite de cet échange, le kibboutz Nir Oz a annoncé la mort d’Ohad Yahalomi, membre franco-israélien de la communauté.
Un bus transportant les détenus palestiniens libérés est arrivé ce jeudi 27 février à Ramallah, en Cisjordanie occupée, où les ex-prisonniers ont été accueillis par une foule en liesse, selon l’AFP. Portant le traditionnel keffieh et des vestes pour couvrir leurs uniformes de prison, les prisonniers libérés sont descendus du bus devant une foule compacte qui les a acclamés, avant de se soumettre à un rapide bilan de santé. L’administration pénitentiaire israélienne a indiqué avoir libéré 643 prisonniers palestiniens dans le cadre du septième échange d’otages de Gaza contre des prisonniers palestiniens depuis le début de la trêve le 19 janvier, après le retour des dépouilles de quatre otages israéliens.
Identification
Auparavant, un responsable sécuritaire israélien avait indiqué à l’AFP que « les quatre corps » d’otages israéliens avaient été réceptionnés à la Croix-Rouge à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Israël a ensuite confirmé avoir reçu les cercueils de « quatre otages tombés ». Le processus d’identification étant désormais achevé, le kibboutz Nir Oz a annoncé, ce jeudi 27 février au matin, la mort d’Ohad Yahalomi, membre franco-israélien de la communauté. Ohad Yahalomi, qui avait 49 ans le jour de son enlèvement lors de l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, est le deuxième des quatre otages dont les corps ont été rendus dans la nuit à être identifié.
Le kibboutz a salué la mémoire d’un « père de famille dévoué et aimant », « passionné de sport et de randonnée » qui « connaissait chaque sentier et chaque recoin du désert qu’il chérissait tant ». Mercredi soir, le président français Emmanuel Macron a adressé un message de soutien à sa famille. Par ailleurs, le Forum des otages a confirmé l’identité des trois autres corps, il s’agit de Tsachi Idan, 49 ans, présumé vivant jusqu’à ce mercredi, Itzik Elgarat, Dano-Israélien de 68 ans et de Shlomo Mansour, 85 ans, un des fondateurs du kibboutz Kissoufim. Le gouvernement israélien a affirmé que les trois premiers ont été « assassinés » en captivité.
Il s’agit du dernier échange prévu dans le cadre de la première phase de la trêve négociée via la médiation de trois pays – Qatar, Égypte, États-Unis – et entrée en vigueur le 19 janvier dans la bande de Gaza après quinze mois de guerre.
Le bureau du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, avait exigé que la remise se fasse « sans cérémonies du Hamas », contrairement aux précédents échanges. Selon les médias israéliens, les quatre otages dont les corps devaient être restitués sont Ohad Yahalomi, Tsachi Idan, Itzik Elgarat et Shlomo Mansour, confirmant ainsi les identités publiées plus tôt par le Hamas.
Une sortie de prison après un premier report
Deux responsables du mouvement islamiste palestinien ont affirmé à l’AFP que 625 prisonniers palestiniens seraient libérés en échange. Selon un de ces sources, il s’agit de 602 Palestiniens qui auraient dû sortir de prison le 22 février en échange de six Israéliens relâchés par le Hamas, et de 23 femmes et mineurs.
Israël avait annulé au dernier moment les sorties de prison prévues samedi dernier, exigeant la fin des « cérémonies humiliantes » organisées par le Hamas quasiment à chaque remise d’otages. Ces mises en scène, avec des otages exhibés sur des podiums face à des foules de Gazaouis, ont été dénoncées à plusieurs reprises, notamment par Israël, l’ONU et la Croix-Rouge.
La première phase de la trêve doit s’achever le 1er mars. En incluant les restitutions de la nuit, elle a permis le retour en Israël de 33 otages, dont huit décédés. Environ 1 100 Palestiniens avaient été libérés jusqu’ici, sans compter le dernier échange.