L’Égypte rejette la proposition d’administrer la bande de Gaza moyennant une aide financière

L’Égypte a catégoriquement refusé la proposition émise par le chef de l’opposition israélienne, prônant la prise en charge de la bande de Gaza par le Caire, en contrepartie de l’annulation de sa dette extérieure. Les autorités égyptiennes s’activent pour proposer une alternative au plan de Trump.

Un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a déclaré le 26 février que les propositions visant à ce que l’Égypte prenne en charge l’administration de la bande de Gaza pendant une période donnée étaient «rejetées et inacceptables».

Le leader de l’opposition israélienne Yair Lapid a en effet suggéré le 25 février, lors d’un séminaire dans une institution de recherche américaine pro-israélienne, que l’Égypte prenne en charge l’administration de la bande de Gaza pour une période pouvant aller jusqu’à 15 ans, au cours de laquelle la bande serait reconstruite en partenariat avec les États du Golfe et la communauté internationale, en échange de l’annulation des dettes extérieures de l’Égypte. Une dette estimée à plus de 155 milliards de dollars.

L’Égypte s’active

«Toute proposition ou idée qui contourne les constantes de la position égyptienne et arabe sur le retrait d’Israël des territoires palestiniens occupés et la création d’un État palestinien indépendant, est rejetée et inacceptable, car ce sont des demi-solutions qui contribuent à renouveler les cycles de conflit», a insisté la diplomatie égyptienne.

Le Caire a rejeté à plusieurs reprises les projets de transfert de Palestiniens de la bande de Gaza, qualifiant cette option de «ligne rouge». Depuis plusieurs semaines, le Caire a déployé des efforts diplomatiques pour contrer la proposition du président américain Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et de déplacer ses habitants vers les pays voisin, dont l’Égypte et la Jordanie.

Avec l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats arabes unis et le Qatar, l’Égypte propose une alternative au plan de Trump. Ce projet, qui s’étalerait sur cinq ans, serait financé par les pétromonarchies du Golfe, soutenu par des entreprises européennes et ne nécessiterait pas le déplacement des Gazaouis. Des hôpitaux et des écoles mobiles seraient envoyés pour assurer le fonctionnement des systèmes de santé et d’éducation. Le plan insiste également sur une transition politique pour éviter le contrôle de la bande de Gaza par le Hamas.