L’armée israélienne a repris ses frappes dans le sud de la bande de Gaza, tuant Ismaïl Barhoum, un membre du bureau politique du Hamas. Tsahal tente d’empêcher la réorganisation militaire du mouvement islamiste palestinien.
Dans la nuit du 23 au 24 mars , l’armée israélienne (Tsahal) a déclenché une série de frappes aériennes massives sur le sud de la bande de Gaza, visant principalement Khan Younès et Rafah.
Ces bombardements, suivis d’opérations terrestres limitées annoncées le 24 mars, marquent une nette escalade dans le conflit avec le Hamas, après la rupture d’un cessez-le-feu instauré le 19 janvier 2025. Une frappe aérienne israélienne a touché le 23 mars l’hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, tuant Ismaïl Barhoum, un membre du bureau politique du Hamas.
Un hôpital touché par une frappe israélienne
L’armée israélienne a mené dimanche une offensive dans le sud de la bande de Gaza et annoncé une frappe contre un responsable du Hamas dans un hôpital de Khan Younès, cinq jours après avoir rompu le cessez-le-feu avec le Hamas palestinien.
Le Hamas a indiqué, dans un communiqué, que la frappe avait tué Ismaïl Barhoum, un membre de son bureau politique. Il était soigné à l’hôpital Nasser « après avoir été grièvement blessé lors d’une frappe aérienne sur son domicile à Khan Younès mardi », quand l’armée israélienne avait lancé des frappes intenses sur le territoire après deux mois de trêve, a précisé à l’AFP une source au sein du Hamas.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a confirmé dans un communiqué que la cible de la frappe était Ismaïl Barhoum.
L’armée israélienne a, pour sa part, dit avoir mené une « frappe de précision sur un terroriste clé du Hamas qui opérait au sein du complexe » hospitalier. Le mouvement islamiste palestinien « exploite les infrastructures civiles en mettant en danger la population de Gaza », a-t-elle affirmé.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, la frappe a fait deux morts, dont un jeune homme de 16 ans qui avait été opéré vendredi, et plusieurs blessés « dont du personnel médical touché à des degrés divers ».
Depuis la reprise des opérations militaires israéliennes le 18 mars, au moins 673 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza assiégée et dévastée, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste palestinien Hamas.
Sur des affichettes larguées par drone à Rafah dans le sud de Gaza, l’armée israélienne a lancé un appel à évacuer le quartier de Tel al-Sultan, avant de l’encercler et d’y frapper selon elle « des organisations terroristes ».
Emmenant quelques affaires, des familles palestiniennes, plusieurs fois déplacées par la guerre, ont été contraintes de nouveau à fuir la ville, à pied ou à bord de charrettes tirées par des ânes.
« Ils ont tiré sur nous toute la nuit et nous ont ordonné de partir au matin. Puis ils nous ont tiré dessus dans la rue », raconte Aïda Abou Shahir, une déplacée, en fuyant Rafah.
Empêcher le Hamas de se réorganiser
Selon les autorités locales affiliées au Hamas, ces frappes auraient fait des dizaines de victimes, tandis que Tsahal affirme avoir ciblé des «infrastructures terroristes» et des cellules du Hamas planifiant des attaques. L’armée israélienne dit avoir mené une «frappe de précision sur un terroriste clé du Hamas qui opérait au sein du complexe» hospitalier. Le mouvement palestinien «exploite les infrastructures civiles en mettant en danger la population de Gaza», a-t-elle affirmé.
Les opérations visent à établir une barrière physique et militaire entre le nord et le sud de Gaza. En élargissant la «zone de sécurité» autour de l’enclave, notamment via le corridor de Netzarim, Israël cherche à empêcher le Hamas de rétablir des lignes de communication et de ravitaillement entre les différentes parties du territoire. Alors que 116 otages restent captifs, dont 42 sont présumés morts, la reprise des bombardements est présentée comme un levier pour contraindre le Hamas à reprendre les négociations.
Tsahal cible désormais les infrastructures souterraines, comme les tunnels, mais aussi les zones où le Hamas aurait renforcé pendant le cessez-le-feu ses effectifs (estimés à 25 000 hommes par certains rapports israéliens). Les frappes massives visent à empêcher toute tentative de réorganisation ou de réarmement, en particulier dans le sud, où le mouvement conserve une influence significative.
Un objectif à plus long terme émerge : transformer les zones frontalières de Gaza en un glacis militaire sous contrôle israélien permanent.
Israël crée une administration pour le départ « volontaire » de Palestiniens de Gaza
Le ministère israélien de la Défense a annoncé dimanche la création d’une administration spéciale chargée de permettre aux Palestiniens de quitter « volontairement » la bande de Gaza, une décision dénoncée par une ONG israélienne anticolonisation.
Selon le ministère, le cabinet de sécurité a approuvé son projet d’administration dédiée au « départ volontaire des habitants de Gaza vers un pays tiers ».
Cette dernière fonctionnerait sous l’autorité du ministère de la Défense mais pourrait « coopérer avec des organisations internationales » pour « garantir un passage sécurisé » des Gazaouis vers ces autres pays, a-t-il indiqué dans un communiqué sans les nommer.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a précisé que cette proposition était en lien avec les déclarations du président américain, Donald Trump, qui a dit souhaiter le départ volontaire des Palestiniens de la bande de Gaza.
L’ONG La paix maintenant a condamné dans un communiqué la mise en place de cette administration « chargée d’expulser les Palestiniens de Gaza », dénonçant le gouvernement « qui a perdu toute orientation et toute logique ».
Avec agences